L’essentiel : le sled push Hyrox est une station d’accélération chargée sur 50 m à 102-202 kg. C’est un effort de force-endurance horizontale qui combine la production de force concentrique du bas du corps (jambes, fessiers, mollets) et la stabilisation du tronc. La méta-analyse de référence (n=32 groupes, 13 RCT) montre que le sled training améliore l’accélération avec un effet significatif (ES = 0,61). Pour Hyrox spécifiquement : charges modérées à lourdes (>30 % du poids du corps), volume >160 m par séance, 2-3 séances/semaine sur ≥6 semaines.
| Sled push | Sled pull | |
|---|---|---|
| Posture | Bras tendus, tronc penché 30-45°, mains au sommet du sled | Corde/sangle attachée à un harnais ou ceinture, course en arrière du sled |
| Muscles dominants | Quadriceps, fessiers, mollets, tronc | Quadriceps, fessiers, ischios, tronc |
| Effet sur l'accélération | Effet plus important (ES = -0,60 charges lourdes) | Effet modéré (ES = -0,34 charges lourdes) |
| Spécificité Hyrox | Direct : c'est l'exercice de la compétition | Transfer indirect |
| Charge typique | 30-100 % du poids du corps en entraînement | 10-30 % du poids du corps |
1. La station Hyrox en chiffres
Le sled push est la 3ᵉ station de la course Hyrox standard. 50 mètres sur revêtement caoutchouc avec un sled chargé selon la division :
L’effort dure typiquement 20-60 secondes selon le niveau et la charge. C’est un effort qui combine :
- Force horizontale au démarrage (premiers 5-10 mètres)
- Endurance de force sur la durée totale
- Stabilisation du tronc sous charge
- Récupération métabolique rapide pour enchaîner avec les burpees broad jumps qui suivent
2. Mécanismes : pourquoi c’est dur
Phase d'accélération (0-5 m)
Production de force horizontale- Inertie du sled Charge statique à mettre en mouvement
- Triple extension hanche-genou-cheville Quadriceps, fessiers, mollets en concentrique maximal
- Pic de force horizontale Le moment où le sled commence à glisser
- Coût énergétique élevé court Phosphocréatine + glycolyse anaérobie
Phase de maintien (5-50 m)
Endurance de force sous charge- Cadence soutenue Pas courts, fréquence élevée pour maintenir l'inertie
- Glycolyse anaérobie dominante Lactate ↑, acidose musculaire
- Bascule oxydative en fin de course Si effort >40 s, contribution aérobie ↑
- Fatigue centrale et locale Diminution du recrutement musculaire
3. Programmation evidence-based
Charge optimale
La méta-analyse de référence [1 ] et la revue systématique de Petrakos [2 ] convergent : pour l’accélération chargée (ce qui correspond au sled push Hyrox), les charges modérées à très lourdes sont les plus efficaces.
Conversion pratique pour un athlète Hyrox masculin de 80 kg :
- Charge minimale efficace : ~24 kg ajoutés au poids du sled (souvent un sled vide pèse 30-40 kg, donc charge totale ~55-65 kg)
- Charge spécifique compétition Open : 152 kg total : viser ≥80 % de cette charge en entraînement spécifique (~120 kg+)
Volume
Volume minimum efficace par séance et par cycle
- >160 m par séance (par ex. 8 répétitions de 20 m, ou 6 répétitions de 30 m)
- ~2680 m total sur le programme complet (≥6 semaines)
- 2 à 3 séances par semaine spécifiques sled
- Récupération : 3-5 min entre sets pour les charges lourdes (récup PCr complète)
- Récupération : 1-2 min entre sets pour les charges modérées en mode endurance
Distribution suggérée sur 6 semaines de prep Hyrox
- Semaines 1-2 : charges modérées (40-60 % de la charge cible Hyrox), 6 × 30 m, focus technique
- Semaines 3-4 : charges lourdes (70-90 % de la charge cible), 8 × 20 m, focus production de force
- Semaines 5-6 : spécificité compétition (charge cible Hyrox), 4-5 × 50 m sur 50 m, focus enchaînement avec burpees
La méta-analyse 2024 d’Aldrich (n=352, 15 RCT) [3 ] nuance les conclusions précédentes : le sprint résisté améliore l’accélération de façon significative versus pré-entraînement, mais ne fait pas mieux que le sprint non-résisté à volume égal. Autrement dit : le sled push fonctionne, mais le sprint pur peut donner des gains comparables. La spécificité Hyrox (50 m chargé) reste cependant un argument fort pour conserver le sled push dans le programme : c’est l’exercice de la compétition.
4. Cadre de décision pour ta programmation
À combien de semaines de ta prochaine compétition Hyrox ?
5. Supplémentation pertinente
Le sled push sollicite la phosphocréatine (premiers secondes) et la glycolyse anaérobie (suite de l’effort). Trois suppléments ont du sens :
Créatine monohydrate
L’aide ergogénique la plus documentée [4 ] . 3-5 g/jour augmente les stocks de phosphocréatine de 10-40 %, ce qui améliore directement les premiers mètres du sled push (production de force initiale). Voir notre fiche détaillée créatine.
Bêta-alanine
Tampon d’acidose musculaire (carnosine intramusculaire). 3,2-6,4 g/jour sur ≥4 semaines. Pertinent pour les efforts de 30-90 secondes (correspond bien au sled push Hyrox réalisé entre 30 et 60 s à charge compétition).
Bicarbonate de sodium
Tampon métabolique extracellulaire. 0,2-0,3 g/kg 60-90 min avant la séance, fractionné. Effets GI possibles (40 % des sujets) : tester en entraînement avant compétition. Pertinent pour les efforts répétés type Hyrox où l’acidose s’accumule sur la course entière.
Spécifique au sled push (entraînement)
- Pathologie lombaire : la posture penchée sous charge peut aggraver une hernie discale ou lombalgie chronique. Avis kiné/médecin du sport avant reprise.
- Pathologie d’épaule : chez certains, la position bras tendus en pression peut provoquer des douleurs. Adapter la prise (poignées hautes vs basses) ou reporter.
- Tendinopathie patellaire active : la triple extension répétée sous charge sollicite fortement le tendon. Respecter la phase de récupération.
Suppléments
- Créatine : déconseillée si insuffisance rénale chronique connue. Voir fiche créatine.
- Bicarbonate : déconseillé si antécédent cardiovasculaire, hypertension non contrôlée, insuffisance rénale.
- Bêta-alanine : paresthésies bénignes (picotements transitoires) chez 30-50 % des utilisateurs : split-dose résout généralement.
Ce qu’il faut retenir
- Charge optimale : plus de 30 % du poids du corps, en intégrant la masse du sled lui-même (75-102 kg selon les modèles). Charges plus légères servent plus à la vitesse maximale.
- Volume hebdomadaire : 2 à 3 séances avec au moins 160 mètres de sled par séance, pendant 6 semaines minimum. C’est le format de programmation validé en méta-analyse.
- Technique : tronc penché 30 à 45°, bras tendus, mains au sommet du sled, poussée explosive sur le bas du corps avec engagement du tronc. Pas de course pure penchée, c’est une accélération.
- Le sled push ne remplace pas le sprint, mais le complète. Si tu cherches la vitesse maximale pure, garde du sprint sans charge en parallèle.
- Supplémentation pertinente pour ton Hyrox global : créatine monohydrate (3-5 g/j), bêta-alanine (4-6 g/j fractionné), bicarbonate de sodium (0,3 g/kg avant compétition à tester).
- Place le sled push tôt dans la séance, quand le système nerveux est frais. Pas après une grosse séance de bas du corps.
6. FAQ
Combien de fois par semaine faire du sled push ?
2-3 séances par semaine spécifiques sled push selon la méta-analyse de référence [1 ] . Plus risque d’augmenter la fatigue sans bénéfice supplémentaire.
Quelle charge pour progresser sur Hyrox ?
Au moins 30 % du poids du corps ajouté au sled, idéalement plus en spécificité compétition (>80 % de la charge Hyrox de ta division). Les charges légères (<10 % BM) ne suffisent pas pour stimuler les adaptations en accélération chargée [2 ] .
Sled push ou sled pull pour Hyrox ?
Sled push prioritaire parce que c’est l’exercice de la compétition (transfer direct). Le sled pull est complémentaire pour travailler les ischio-jambiers en mode horizontal mais n’est pas strictement nécessaire.
Combien de mètres au total par semaine ?
≥160 m par séance × 2-3 séances = 320-480 m par semaine en travail spécifique. Sur un cycle complet de 6 semaines : ~2680 m total [1 ] .
Quelle technique pour pousser plus efficacement ?
- Bras tendus, mains au sommet du sled (pas en bas)
- Tronc penché 30-45° vers l’avant
- Pas courts et rapides plutôt que grandes enjambées
- Regard vers le sol à 2-3 m devant
- Triple extension complète à chaque pas (cheville-genou-hanche)
Les charges lourdes valent-elles vraiment la peine ?
Pour Hyrox, oui : le sled push de compétition est par définition une charge lourde (152-202 kg). Les charges légères ne préparent pas mécaniquement à cet effort. Pour la performance pure de sprint non-chargé, la méta-analyse 2024 [3 ] nuance : sprint pur à volume égal peut être aussi efficace.
À combien de jours de la compétition arrêter le sled push lourd ?
7-10 jours avant la course. Garder uniquement des séances techniques à charge modérée pendant la phase de taper.
- Alcaraz PE, Carlos-Vivas J, Oponjuru BO, et al. (2018). The Effectiveness of Resisted Sled Training (RST) for Sprint Performance: A Systematic Review and Meta-analysisSports Medicine. DOI:10.1007/s40279-018-0947-8
- Petrakos G, Morin JB, Egan B (2016). Resisted Sled Sprint Training to Improve Sprint Performance: A Systematic ReviewSports Medicine. DOI:10.1007/s40279-015-0422-8
- Aldrich EK, Sullivan K, Wingo JE, et al. (2024). The Effect of Resisted Sprint Training on Acceleration: A Systematic Review and Meta-AnalysisInternational Journal of Exercise Science. DOI:10.70252/VKAV1115
- Kreider RB, Kalman DS, Antonio J, et al. (2017). International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicineJournal of the International Society of Sports Nutrition. DOI:10.1186/s12970-017-0173-z
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